Osez !
Lancez-vous dans votre premier projet d’écriture.

Cet épisode fait partie d’une saison qui se propose de dévoiler les coulisses de la rédaction de l’ouvrage professionnel « Du produit innovant au management responsable de l’innovation ». Découvrez la genèse du projet et les différentes étapes, les difficultés rencontrées et aussi les trucs pratiques à connaitre.
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Cette série d’articles a été directement inspirée par « Initiation », un album musical composé par l’intelligence artificielle proposée par AIVA: https://vu.fr/musique-IA
Mathias Malzieu est musicien, chanteur du groupe Dionysos, écrivain, scénariste et réalisateur.
Invité d’honneur du festival Livres en Lumières 2023 à Ferney-Voltaire (Ain – France), il a été interviewé par le journaliste Patrick Schouwey. Ce festival perpétue la tradition d’accueil des écrivains inaugurée il y a 250 ans par Voltaire.
Dans son témoignage, Mathias Malzieu partage son parcours artistique et créatif. Il raconte comment sa carrière d’écrivain a débuté avec l’encouragement d’un ami. Il explique également son projet qui a rassemblé toutes ses œuvres dans un seul volume pour offrir une expérience immersive à ses lecteurs et auditeurs.
Mathias évoque la façon dont il intègre la musique et le cinéma dans son travail, notamment à travers des disques, des films et des spectacles musicaux liés à ses romans. Il met l’accent sur la variété des perspectives créatives qu’il explore pour ses projets artistiques, comme la musique électronique, le hip-hop et la conception d’une bande originale de film pour ses romans.
Mathias Malzieu souligne également l’importance de maintenir une curiosité et un esprit d’enfant dans la créativité artistique, sans nécessairement se confiner à un univers enfantin, tout en restant sensible à son environnement.
Enfin, il aborde le thème de la mère et son influence dans ses œuvres, ainsi que sa pratique des haïkus, expliquant son défi personnel d’écrire un haïku par jour et son exploration de cette forme poétique.
L’ensemble de son témoignage reflète la passion et la créativité de Mathias Malzieu dans son approche de l’art sous ses différentes formes.
AVERTISSEMENT : Cet article, même s'il s'appuie largement sur l'interview de Mathias Malzieu réalisée par Patrick Schouwey, est interprété (subjectivement) et rédigé (sélectivement) sous la seule responsabilité d'innovecteur.
Écoutez l’interview :
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Lisez la synthèse de l’interview
Le début d’une carrière d’écrivain
« J’ai envoyé un manuscrit à un éditeur à la suite de ma sur la côte basque. Ce manuscrit contenait 38 mini-épisodes. Mon ami Hugo Verlom, qui était un poète, éditeur, et surfeur, m’a encouragé à le faire. Finalement, il a réussi à obtenir une distribution pour ce livre, ce qui a déclenché ma carrière d’écrivain. J’ai écrit mon premier livre, « 38 Mini-Westerns (avec des Fantômes) » qui a connu un succès inattendu.
Ensuite, j’ai rencontré une éditrice, qui m’a encouragé à écrire un véritable roman. Elle a lu un extrait de mon travail et m’a dit que 10 pages étaient bonnes, mais que les autres 90 étaient à jeter. Elle m’a proposé de travailler ensemble pour développer un roman complet. Cette collaboration a marqué le début de ma carrière d’écrivain sérieux, et c’est ainsi que tout a commencé. »
A propos de l’Extraordinarium, un livre qui rassemble en un seul volume tout ce qui a déjà été publié jusqu’à présent
« En réalité, cela a été une démarche assez naturelle pour moi. Tout a commencé grâce à des interactions avec des lecteurs. Lorsque je participais à des festivals et que les gens venaient me parler de mes romans, il y avait souvent des questions sur la continuité des personnages et des histoires entre mes différents livres. Ils se demandaient s’il s’agissait des mêmes personnages d’un livre à l’autre, ou si l’univers de l’un était lié à celui d’un autre. J’ai pris le temps de répondre à ces questions et d’entrevoir la cohérence entre mes œuvres.
Un jour, en rentrant d’un festival, j’ai commencé à réfléchir à l’ensemble de mon univers littéraire. Au fil du temps, j’ai élaboré des synopsis pour mêler l’ensemble de mes livres. J’ai créé des récits qui se déroulent avant le premier ouvrage, j’ai même réécrit certaines parties de mes livres pour les intégrer harmonieusement à ce projet global. Finalement, j’ai abouti à un ensemble de dix histoires qui sont connectées à mes dix romans. »
Ecriture, graphisme, musique et cinéma
« En parallèle, j’ai également envisagé de rendre la musique et le cinéma partie intégrante de cette aventure. Avec le groupe Dionysos, nous avons sorti un disque et un film en plus du livre, mais malheureusement, la pandémie de 2020 a perturbé nos plans de tournée. J’ai donc décidé de proposer un spectacle musical avec des chansons enregistrées en live pour donner vie à ces histoires.
Finalement, j’ai créé une chronologie qui s’étend de 1870 à 2022, avec des arbres généalogiques pour mes personnages, qu’ils soient déjà existants ou complètement nouveaux. J’ai ensuite associé des chansons à ces différentes époques pour enrichir l’expérience globale de mon univers littéraire. C’est ainsi que « L’Extraordinarium » est né, un projet qui a pour but de plonger les lecteurs et auditeurs encore plus profondément dans mon monde imaginaire.
J’ai également composé des albums étroitement liés aux nouvelles de mon univers et aux nouveaux personnages que j’ai créés. Cela a donné naissance à une fresque artistique qui englobe les histoires, les nouvelles, les livres et les chansons.
Par ailleurs, nous avons organisé un concours de fanart pour les pochettes et les visuels, et nous avons trouvé un artiste exceptionnel dont la création va devenir la pochette de l’album, du livre et de la tournée. Les personnages sont représentés dans des bulles, comme des souvenirs ou des rêves, ce qui crée une atmosphère captivante.
Tout ce projet est vraiment basé sur le désir de créer une expérience immersive pour les fans, où les éléments se connectent de manière organique. Il ne s’agit pas de tout expliquer, mais de susciter de nouvelles questions et d’inviter les auditeurs et lecteurs à explorer davantage cet univers. C’est un projet qui me tient à cœur, une sorte de voyage à travers ma carrière artistique. »
Variation des points de vue, une stimulation créative
« Ce qui m’enthousiasme, et qui est un véritable plaisir pour moi, c’est la constante variation de points de vue. Lorsque l’on réalise un film, il y a de nombreuses décisions à prendre, des choix à faire, et parmi les plus cruciaux figure la perspective de la caméra.
Prenez, par exemple, le cercle des poètes disparus, lorsque le professeur demande à ses élèves de monter sur leurs tables pour voir le monde sous un nouvel angle. À chaque fois que je crée un personnage, j’imagine la musique qu’il écoute, ce qu’il pourrait chanter, ou comment il réagirait dans différentes situations. Cette approche stimule ma créativité, car je ne suis pas simplement un guitariste qui compose des chansons ou un écrivain qui se cantonne à l’écriture. Je suis constamment amené à changer d’angle de vue.
J’adore, par exemple, quand j’ai une idée pour un roman, comme dans le cas de « La Mécanique du Cœur, » où j’ai imaginé un personnage avec une horloge à la place du cœur. Je suis allé jusqu’à enregistrer les sons d’horloges chez un horloger.
Cela m’a également conduit à explorer la musique électronique et le hip-hop pour accompagner le livre. De plus, j’ai envisagé le roman comme une bande originale de film, ce qui m’a permis de concevoir le livre tout en pensant à la musique qui l’accompagnerait.
Je sais que cela peut sembler un peu confus, mais cela stimule mon imagination et me maintient en éveil. Cela me pousse à changer constamment de perspective, comme des filtres de couleurs différents sur un même paysage, et cela me surprend moi-même, tout en m’amusant.
Créer, c’est aussi chercher la lumière dans les moments sombres, jouer avec les nuances, les contradictions, et les questions. La création artistique consiste à trouver la lumière même dans les moments les plus obscurs, sans chercher à tout rendre ni tout noir ni tout blanc.
L’essentiel est de mettre en évidence les nuances, les énigmes et les complexités de la vie. C’est comme résoudre un puzzle, où les obstacles et les malentendus font partie intégrante du processus. Narrer une histoire revient à faire évoluer un personnage d’un point A à un point B, en lui posant des défis sur son chemin. L’intérêt réside dans la manière dont il surmonte ces obstacles, que ce soit en développant des pouvoirs magiques, en contournant les obstacles ou en les affrontant. Tout cela se passe dans un contexte où chaque protagoniste est en constante évolution, en perpétuelle adaptation, et c’est ce qui rend le métier de conteur aussi passionnant. »
Capacité à créer et demeurer curieux depuis toutes ces années, tel un enfant
« Je pense qu’il est crucial de ne pas confondre la régression avec la nostalgie. Pour ma part, à l’approche de mes cinquante ans, je n’ai absolument pas le désir de retrouver mes huit ans. C’est une nostalgie joyeuse, si tant est que ce soit de la nostalgie.
Je crois que chaque artiste, quel que soit son domaine, entretient en permanence son enfant intérieur. C’est quelque chose en quoi je crois profondément. Je suis sûr que les artistes qui me fascinent, tels que Bowie, Björk, Chagall, et bien d’autres, sont des enfants, mais pas des enfants qui font des bêtises.
Ce sont des individus qui assument pleinement les responsabilités d’adultes, qui ont des engagements, à la fois poétiques et politiques, mais qui, comme on le disait précédemment, sont comme des enfants dans leur façon de voir le monde. Comme l’a dit Picasso, les gens qui n’ont pas d’imagination veulent toujours que vous leur expliquiez les choses. C’est une qualité majeure de ceux qui ont de l’imagination.
Cela me fait penser à une métaphore, comme celle des vagues dans l’océan. Vous ne pouvez jamais être parfaitement immobile (comme une note musicale parfaitement juste), vous devez vibrer. La justesse est quelque chose de statique, alors que si vous avez une légère oscillation, une moyenne entre deux extrêmes, vous obtenez une sensation de justesse parce que vous bougez, changez de point de vue, vibrez.
Ce qui m’intéresse vraiment, c’est de continuer à vibrer au maximum. Donc, même si cela peut être perçu comme une nostalgie pour l’enfance et cette énergie, je l’assume pleinement. Cependant, je ne souhaite pas me confiner dans un univers purement enfantin, car mon métier consiste à être un peu partout, à explorer divers horizons.
Ainsi, je pourrai écrire un livre plus politique ou me lancer dans d’autres projets. Peu importe où je me trouve, j’espère rester constamment sensible à ce qui m’entoure, et même lorsque ce n’est pas directement lié à l’enfance, l’enfant intérieur sera toujours mon moteur. »
Images de la mère et ses représentations dans l’œuvre
« Dans l’ensemble, la mère est un personnage central dans mes œuvres. Elle se présente sous diverses formes, parfois en tant que personnage principal, d’autres fois en tant que photo ou représentation symbolique. Elle est présente à travers différents moments et bifurcations de l’histoire. Je crois en une sorte de théorie de la poétique quantique, où certains événements déterminent un certain chemin, mais d’autres chemins continuent d’exister en parallèle. La présence et l’absence de ma mère ont eu un impact profond sur mon écriture et sur qui je suis. Parfois, je me demande ce que j’aurais écrit si elle avait été là. Ma mère, à travers sa présence et son absence, a façonné mon identité de manière significative.
Je ne rends pas toujours hommage à ma mère de manière explicite dans mes œuvres, mais sa figure en tant que mère et femme est essentielle. Je m’inscris dans un féminisme universel qui prône l’égalité plutôt que le sectarisme. Actuellement, je constate un certain courant de féminisme basé sur l’inégalité, ce que je n’apprécie pas. Je crois en l’égalité et j’admire grandement les combattantes pour la cause des femmes. Les plus vaillantes sont souvent celles qui ont le plus souffert, et ma mère, avec son fort tempérament, m’a beaucoup manqué. »
Pratique des haïkus et signification particulière dans cette forme poétique
« J’ai publié un haïku par jour sur Instagram et j’ai atteint le nombre impressionnant de 800 haïkus jusqu’à présent. J’ai même noté tous ces haïkus dans un petit cahier intitulé « One Line a Day, Five Years, Memory Book. » Cela fait partie d’une quête personnelle, une sorte de défi, et même si je suis épuisé à 3 heures du matin, je m’astreins à écrire mon haïku quotidien. C’est peut-être un peu fou, mais c’est ma façon de réaliser un rêve d’enfant : être reconnu pour quelque chose d’extraordinaire. Malheureusement, je n’entrerai pas dans le Livre des Records, mais l’important, c’est le plaisir que j’y trouve.
J’ai un album intitulé « Haïku » avec Dionysos. Ma découverte des haïkus ne s’est pas faite au Japon, contrairement à ce que l’on pourrait penser. Cela remonte à l’époque où nous avions un groupe de fans d’un peu plus de 100 personnes. J’étais un grand fan, car notre groupe avait des influences majeures de la Beat Generation, de Baudelaire et Rimbaud et bien d’autres.
Un jour, je suis tombé sur un livre de Jack Kerouac, « Western Haiku. » C’était l’un des premiers à s’intéresser au haïku dans un contexte occidental.
Vous savez, le haïku classique japonais suit une structure de 5-7-5 syllabes, mais Kerouac avait adopté une structure qui lui donnait davantage de liberté. J’ai trouvé cela très intéressant et je me suis dit que je pourrais créer mes propres contraintes amusantes avec des haïkus. Par exemple, les tweets sont limités en caractères, donc cela a créé une contrainte amusante pour écrire des haïkus sur Twitter.
La poésie est un monde où j’aime m’aventurer et la liberté qu’elle offre est tout à fait fascinante. »
Le témoignage de Mathias Malzieu peut intéresser un écrivain en herbe pour plusieurs raisons :
- L’inspiration créative : Malzieu partage son processus créatif, notamment comment il tire son inspiration d’éléments variés tels que la musique, la cinématographie, et l’expérimentation avec différents styles artistiques. Pour un écrivain en herbe, cela montre comment l’inspiration peut venir de diverses sources et comment elle peut être utilisée pour enrichir ses écrits.
- La persévérance et l’apprentissage : Le fait que Malzieu ait commencé par des mini-épisodes et que son premier roman ait nécessité du travail montre que la persévérance et la volonté d’apprendre sont essentielles pour se développer en tant qu’écrivain.
- Créativité dans le marketing littéraire : Malzieu parle de la manière dont il a impliqué la musique, le graphisme, et d’autres éléments artistiques dans la promotion de ses livres. Cela peut inspirer des écrivains en herbe à penser de manière plus créative sur la manière de composer et présenter leurs œuvres au public.
- Éclectisme et variété : Il met l’accent sur l’importance de rester ouvert à la diversité artistique. Cela rappelle aux écrivains en herbe que l’exploration de différents styles et médiums artistiques peut enrichir leur propre travail.
- Créativité dans les contraintes : Sa pratique des haïkus, ainsi que la manière dont il joue avec différentes contraintes pour l’écriture, peut montrer aux écrivains en herbe comment des limites créatives peuvent stimuler l’imagination.
- Importance de la sensibilité à l’environnement : Sa philosophie de rester sensible à son environnement est un rappel pour les écrivains en herbe de l’importance d’observer, d’écouter et de s’inspirer du monde qui les entoure.
- L’influence personnelle : L’histoire de l’influence de sa mère sur son travail démontre comment des expériences personnelles peuvent être exploitées pour nourrir la créativité.
- L’approche holistique : La manière dont il aborde son univers littéraire en intégrant musique, cinéma et autres formes artistiques dans un projet global peut inspirer des écrivains en herbe à considérer leur propre travail dans un contexte plus large.
Ce témoignage montre que la créativité littéraire est un processus riche et évolutif, qui peut être nourri par une variété d’expériences et d’influences. Il offre des idées pour approfondir son propre travail, explorer de nouvelles voies créatives, et persévérer dans le monde exigeant de l’écriture.
Comme Mathias, lancez-vous maintenant dans votre premier projet d’écriture.
Coulisses s’adresse à toute personne qui rêve de publier son premier écrit.
En détaillant toutes les étapes à parcourir et en vous accompagnant par des questions de coaching et des lectures complémentaires, Coulisses vous tend la main tout au long de votre parcours.
Coulisses présente l’aventure de la rédaction de mon premier livre « Du produit innovant au management responsable de l’innovation ».
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J’espère qu’il vous donnera envie de vous engager dans une telle démarche !
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