Open lab, les résultats obtenus grâce à ces dispositifs d’innovation

JM Alberola

Si les open labs suscitent de grandes attentes, qu’en est-il des résultats obtenus ? Permettent-ils d’atteindre les objectifs visés au départ ?

Après avoir présenté plusieurs exemples de labs d’entreprise, ce billet dresse les résultats généralement obtenus par ces dispositifs d’innovation.

Le billet sur les open labs de BNPParibas se trouvent ici. Celui de l’Etat de Genève là.

Il se base notamment sur « Le Livre blanc des Open Labs » ainsi que le guide « quels modèles d’innovation aujourd’hui ? ».

Des résultats limités par la taille et le nombre de ces dispositifs

Si les quelques fab-labs et autres living labs font l’objet d’une large communication, il faut bien reconnaître que cette exposition médiatique tend à sur-représenter le phénomène. Dans le meilleur des cas, qu’est-ce qu’un open lab d’entreprise ?

  • un lieu, généralement de taille modeste
  • une existence récente, quelques mois à quelques années
  • des ressources destinées à son animation, souvent limitées
  • des initiatives plus ou moins soutenues dans la durée par les sponsors
  • un travail en amont et en aval à chaque évènement, bien plus chronophage et moins palpitant que l’évènement en lui-même … même si la réelle plus-value a lieu lors de la prépation et du suivi de chaque atelier

Des changements palpables au niveau des entreprises

D’une façon très claire, les open labs permettent d’accompagner les démarches innovation qui se mettent en place au sein des entreprises.

Ils symbolisent les changements voulus au niveau et rafraichissent les pratiques, en apportant un nouveau cadre, de méthodologies différentes et des énergies renouvellées.

En alimentant la capacité d’innovation de l’entreprise, ils contribuent au développement de l’entreprise, pour autant que l’approche soit centrée sur l’opérationnel et la volonté de transformation des idées en prototypes puis en produits / services bien réels.

De plus, les open-labs permettent à l’entreprise de développer des compétences :

  • transversales (animation d’ateliers et accompagnement de porteurs de projets) proches du management non hiérarchique.
  • opérationnelles, puisque la valeur ajoutée des participants à un évènement ne sera visible qu’à condition d’être directement utilisable par le groupe et pour le projet concernés

Les open labs permettent également de mobiliser, sur des périodes de temps précises, des profils variés, internes et externes. Dans quelques cas, ces évènements permettent de démarrer des communautés d’innovation, avec des effets qui se prolongent dans le temps. Faire travailler ensemble des spécialistes et des généralistes, de tous niveaux hiérarchiques améliore la capacité de l’entreprise à coopérer et contribue à décloisonner les métiers.

Un exemple d’application ? Jettez un oeil à cet outil sur un sprint créatif pour vous en convaincre.

Les open labs transforment également les individus

En effet, la place de l’humain et de l’individu débarque au coeur des processus de créativité et d’innovation. Ce sont bien des personnalités curieuses, impertinentes et exigeantes qui émergeront le plus de ces dispositifs.

De plus, la voix du client et plus précisément, celle de l’usager passe en tête des points-clés des diverses méthodes d’innovation. L’usager peut être, par exemple :

  • le patient du système de santé
  • l’utilisateur final (actuel ou potentiel) d’un service ou d’un produit fourni par l’entreprise
  • un citoyen concerné par les services rendus par l’administration publique

En effet, il est souvent efficace de concevoir un produit / service sur la base de besoins, exprimés ou latents, de la part des utilisateurs.

Enfin, les open-labs permettent de réactualiser le rôle du management, en poussant encore davantage la responsabilité des individus. Ceci est rendu possible par des nouveaux besoins, en matière d’empathie, ouverture et volonté de tester / expérimenter

Enfin, les open-labs permettent de dynamiser l’éco-système de l’entreprise

Dans une logique d’innovation collaborative, c’est tout le réseau de partenaires de l’enteprise qui est plus ou moins impacté par ces nouvelles pratiques. Participation conjointe à des évènements de créativité, co-développement de produits, participation à des communautés d’innovation, … les exemples de rapprochements sont nombreux.

Et les partenariats privé / public / associatif, grandes structures / PME / TPE sont généralement revalorisés par le biais des open-labs. Dans le cas d’une entreprise du secteur public, les open labs peuvent prolonger les démarches de « dialogue public ».

Pour renforcer encore l’impact des open-labs, leur gestion doit être questionnée

En effet, comment organiser l’autonomie et l’énergie d’un open-lab au sein d’une grosse structure, sans qu’elle ne se satellise et perde le contact avec l’entreprise ?

Toute la question de l’ambidextrie (cf. billets à ce sujet, qui donnent des pistes utiles) revient donc sur le devant de la scène avec les open-labs.

En effet, la question du lien entre l’open lab et les autres départements de l’entreprise doit être traitée :

  • Quelles interfaces avec les équipes de R&D et du Marketing ?
  • Quel rattachement hiérarchique et avec quelle mission ?
  • Quels sont ses indicateurs de succès, quelle valeur crée-t-il pour l’entreprise ?
  • Quel est son business model (facturation internes des services ou non ?)

Finalement, un open lab, c’est une offre de services mis à la disposition de l’entreprise. Avec cette approche, il s’agit de le positionner comme un cabinet de conseil interne, donc la nécessité de devoir :

  • Convaincre régulièrement de nouveaux clients internes. Et comme dans le conseil, un client satisfait en parle autour de lui. D’où la nécessité d’avoir une approche progressive, par petits pas, pour réellement délivrer la promesse en minimisant autant que possibles les effets d’annonce
  • S’assurer de la disponibilité suffisante des participants, d’où la nécessité de cadrer en amont les pre-requis pour assurer la réussite de la mission … et de savoir refuser des interventions si les conditions ne sont pas remplies
  • Obtenir des résultats, ce qui implique de prolonger les ateliers par des sessions de prototypage amenant progressivement à la matérialisation d’un produit / service

Pour aller plus loin :

Cet article à suivre sur la communauté d’innovation devrait également vous intéresser.

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