Innovation collaborative : l’open innovation avec ses clients

La vie trépidante à Taiwan

L’innovation est souvent présentée comme le résultat des idées brillantes d’individus inspirés. On a l’habitude de dire que des jeunes fondus d’informatique auraient démarré, dans des garages, leurs start-ups pour en faire les grandes sociétés actuelles.

Peut-être, mais bien plus systématiquement, l’activité d’innovation peut être stimulée, organisée, et partagée.

Vous souhaitez savoir comment organiser l’innovation dans votre entreprise, notamment en associant vos clients ? Alors ce billet vous intéressera.

Innover avec ses clients : Pourquoi associer les futurs utilisateurs ?

D’une part, l’utilisateur peut être dans certains cas pourvoyeur de bonnes idées pour innover et, d’autre part, l’intégration des utilisateurs en amont maximise les chances de diffusion de l’innovation.

On peut distinguer plusieurs formes d’implication des utilisateurs en fonction des objectifs poursuivis.

1. Interroger le client sur les innovations que l’on imagine

Il s’agit de l’enquête pour tester l’intérêt de la proposition de valeur auprès du client : aller voir de futurs utilisateurs, si possible représentatifs de la cible visée, pour leur demander comment ils perçoivent l’innovation proposée. C’est ce qu’on appelle également en marketing le test de concept.

Le risque de cette approche est de limiter l’innovation à une logique incrémentale.

2. Les utilisateurs pilotes

On peut faire participer l’utilisateur au processus d’exploration. Dans ce cas, l’implication des utilisateurs ne recherche pas une représentativité statistique par rapport au marché visé, mais des surprises, des déviances, des potentiels.

L’idée centrale de ce deuxième modèle est que certains utilisateurs innovent : ils collaborent entre eux, évaluent, répliquent et améliorent leurs innovations dans une logique de bricolage. Ce sont, selon Eric Von Hippel, des utilisateurs pilotes (ou lead users). Il considère l’implication de ces utilisateurs pilotes comme une source essentielle de l’innovation pour les entreprises, car elle permet d’accéder à des besoins et à des solutions déjà éprouvées.

Un exemple : les murs d’escalade, mis au point par des individus à la fois grimpeurs et sculpteurs des prises en résine imitant les falaises naturelles).

Cet outil pratique dédié à l’empathie avec ses clients devrait vous intéresser.

D’autres formes d’implication des utilisateurs existent qui ne sont pas forcément basées sur les utilisateurs pilotes :

3. Co-création continue avec les clients

Il s’agit par exemple des plateformes internet qui sollicitent la créativité et les idées de communautés d’utilisateurs, souvent réunis par la même passion.

Decathlon a ainsi lancé sa nouvelle plate-forme de cocréation « open oxylane ».

L’objectif : Faire appel aux internautes du monde entier passionnés de sport pour imaginer, de manière collaborative, les produits innovants de demain.

Résultat du premier appel lancé : Une selle de bicyclette pour passager, un skate-board en plastique recyclé, un compteur de longueurs de piscine. C’est finalement un siège de vélo pour bébé transformable en poussette qui a remporté le triple suffrage du public en magasin, des internautes et des experts maison.

Une fois sélectionné, le projet entre dans une phase de spécifications qui repose sur un nouvel échange avec la communauté.

Pour inciter ses internautes à participer, le groupe a conçu un système de points gagnés en fonction de l’importance de sa contribution.

Le groupe espère mener à terme au moins cinq projets en 2014.

4. Co-création éclair avec les clients

Un hackathon est un événement où des personnes se réunissent, pour une période limitée de temps, afin de travailler en équipe sur une innovation.

C’est à l’origine un rassemblement de développeurs organisés par équipe autour de porteurs de projet avec l’objectif de produire un programme informatique en quelques heures. Sous forme de concours chronométré, l’équipe gagnante est généralement désignée par un jury à l’issue du temps imparti.

Un exemple Suisse : Open Geneva

Ce concours sur 2 week-ends est consacré à l’innovation en utilisant des données ouvertes en vue de rendre la vie à Genève encore plus agréable.

Des équipes interdisciplinaires d’étudiants genevois vont relever ce défi en travaillant ensemble sur des thématiques comme : l’énergie, la santé, la mobilité, le social, les sciences, etc…

En vue d’exploiter les données ouvertes mises à disposition du public par les Transports Publics Genevois (TPG), le Système d’Information du Territoire à Genève (SITG), ce concours est ouvert à tout projet créatif. Par exemple : application mobile, œuvre artistique, carte d’un type nouveau sur un sujet nouveau mettant en valeur les données disponibles, analyse de données et visualisation, contribution pour l’openstreetmap, site internet ou service en ligne, projet éducatif, etc. Les données se rapportent à différents thèmes pouvant intéresser le plus grand nombre : la mobilité, l’énergie, la santé, l’humanitaire, le social, le tourisme, la logistique, l’environnement/énergie, la politique et débats politiques etc

Le journal l’Equipe

Dans le même esprit, le quotidien l’Equipe a proposé un concours « 48 heures pour renouveler le mode de traitement de la Coupe du monde de foot. »

Dix équipes (développeurs, designers, journalistes, lecteurs…) ont finalement participé à cette séance intensive de remue-méninges. Le hackathon a été suivi d’un camp d’entraînement de cinq jours, afin de concrétiser opérationnellement les propositions. Les deux équipes gagnantes ont reçu chacune 7 000 euros.

5. Des livinglabs pour observer le rapport des utilisateurs à la nouveauté

Plus généralement, les espaces qui permettent d’inviter l’utilisateur à des séances de co-création de produits ou de services sont parfois appelés des Living labs.

Ces initiatives se développent dans tous les domaines. Par exemple Autonom’lab est une structure associative parapublique qui propose un living lab pour imaginer des produits de santé et d’autonomie des personnes fragiles ou dépendantes.

6. Collaborer avec des personnes créatives comme les artistes, qui peuvent être source d’inspiration sur les tendances à venir

L’auteur italien Verganti considère par exemple que les clients ne sont pas les mieux placés pour avoir des idées. Il prend appui sur les exemples de designers italiens comme le créateur de lampes Artemide pour montrer que les créateurs n’écoutent pas directement les clients, mais plutôt des acteurs qu’il appelle des interprètes, personnes du monde intellectuel, de l’art ou de la culture qui sentent les évolutions sociétales et peuvent formuler des visions innovantes.

 

Ainsi, le processus d’innovation n’est pas seulement une question d’individus créatifs, mais une question d’organisation collective.
Associer des utilisateurs dans la démarche d’innovation permet de leur proposer des produits ou des services nouveaux qui ont du sens pour eux.

 

Et vous, pour votre entreprise  ?

  • faut-il interroger les futurs utilisateurs directement ou plutôt prendre des chemins de traverse pour aller chercher des sources d’inspiration dans d’autres domaines ?

  • Ces deux approches ne seraient-elles pas finalement complémentaires ?

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