Réussir le démarrage d’un atelier d’innovation

Décoration

Chaque réunion de l’équipe d’innovation est l’occasion, soit de grands moments d’intelligence collective, soit de mémorables séances de destruction massive.

Pour ne pas gâcher dès la 1ère minute ces rencontres à enjeux forts, voici une approche simple à appliquer systématiquement, pour la réunion de lancement et surtout pour toutes celles qui suivront.

Tout participant à un atelier doit franchir 3 étapes pour être pleinement efficace

Dans « L’élément humain », William Schutz a modélisé les 3 phases que chaque membre devra franchir pour se trouver dans des conditions favorables à l’ouverture et donc à l’innovation :

  1. Inclusion
  2. Contrôle
  3. Ouverture

(1) L’inclusion, l’étape-clé pour faire partie du groupe

En arrivant dans un groupe, la question (in)consciente de chacun, c’est « suis-je important ? » avec la peur du rejet et de ne pas faire partie du groupe :

  • Si on ne s’intéresse pas à la place de chaque participant, le risque c’est que chaque participant cherche à s’affirmer et montrer qu’il existe, en faisant des choses potentiellement gênantes pour le groupe, l’animateur et lui-même
  • Si on doit « remettre quelqu’un à sa place », c’est peut-être parce que cette personne n’a pas encore trouvé la sienne, dans le cadre de la séance de travail
  • L’animation, ce n’est pas un métier de grossiste. C’est un métier de détaillant ! Il faut voir chaque participant comme un individu unique. Certes, il y a un groupe mais chacun a son propre mode de fonctionnement et ses propres attentes.

Il faudra donc prévoir un temps pour permettre à chacun de prendre sa place dans le groupe.

(2) Le contrôle, où comment se positionner par rapport aux règles de fonctionnement du groupe

Ensuite, la question de la compétence se pose : suis-je compétent ?, c’est-à-dire au-dessus ou en-dessous des autres, avec la peur de l’humiliation

Ce sont les règles et le cadre qui garantiront la vie du groupe et fixeront comment le pouvoir est partagé, les responsabilités attribuées et les rétributions allouées.

Inclusion et contrôle, un équilibre délicat à trouver !

C’est à l’animateur d’installer le cadre de la réunion, mais un cadre ouvert. C’est à lui de le faire, sinon le groupe va lui-même s’auto-organiser. Si l’auto-organisation n’est pas volontairement souhaitée, alors l’absence de cadre favorisera la prise de pouvoir par un participant. Ce qui posera tôt ou tard des conflits au sein du groupe.

Attention cependant ! Les règles peuvent créer de la distance et figer le cadre, limiter la possibilité d’exploration.

Une question que l’animateur se pose souvent, c’est faut-il donner le déroulé de l’atelier au début, dans le but de cadrer. Bien sûr, pour certains, cela sera rassurant mais cela perturbera le groupe si on ne respecte pas l’ordre du jour.

(3) L’ouverture à la remise en cause et à l’exploration : l’innovation est enfin possible !

Un animateur, c’est un organisateur d’espace, il met en place le cadre et pose certains paramètres (objectifs, critères de succès, …). En tant qu’animateur, attention à ne pas sur-remplir cet espace avec son contenu, ses idées, ses ambitions, au risque de laisser zéro espace libre pour les participants.

L’animateur évolue donc entre 2 paramètres et doit se focaliser à la fois :

  • sur la tâche = c’est-à-dire le contenu à traiter pendant la séance
  • sur les relations avec et entre les participants

Ce n’est qu’à ce moment que les conditions d’ouverture seront atteintes et que les participants se sentiront capables de s’éloigner de leur position de confort pour explorer de nouvelles voies, émettre des doutes et être capables de remises en cause … le préalable à toute capacité créative !

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