Comment mettre en œuvre la théorie C-K : la méthode KCP

Plaque en acier

Mettre en œuvre une démarche de conception innovante n’est pas si simple. En impliquant un grand nombre de personnes, on risque d’aboutir à une vision certes consensuelle mais peu en rupture. A contrario, faire travailler quelques personnes pourra permettre de sortir des sentiers battus … mais sans convaincre en dehors de ce petit cercle.

Ce billet vous décrit la méthode KCP, particulièrement adaptée à la mise en oeuvre de la théorie C-K.

La théorie C-K, vous connaissez ? 2 billets pour la découvrir :

L’effet de fixation, le principal obstacle à l’innovation de rupture

Une fixation, c’est l’impossibilité à « sortir du cadre » : c’est une représentation mentale, partagée par l’ensemble des acteurs, qui fige certains principes et empêche d’explorer des alternatives.

C’est le paramètre qui péjore le plus la conception innovante. Même un brainstorming que l’on pense « débridé », s’il n’est piloté, conduit en fait à balayer un petit nombre d’idées et à passer à côté de champs entiers d’innovations potentielles.

C’est essentiellement pour cette raison que la théorie C-K a besoin d’un un cadre précis, pour être correctement mise en œuvre et permettre à la créativité d’être amplifiée : c’est le rôle de la méthode KCP.

KCP, 3 étapes distinctes pour obtenir des idées en rupture

Les ateliers KCP, testés par de nombreuses entreprises, apporte des réponses pertinentes. Elle s’appuie sur 3 grandes étapes et permet de linéariser et de structurer le raisonnement C-K :

  1. une étape K, qui vise à faire partager les connaissances connues et toutes celles qui seraient à acquérir
  2. une étape C, destinée à produire des concepts, par des ateliers de créativité
  3. une étape P, destinée à élaborer un programme d’actions

Un groupe de pilotage pour organiser les ateliers KCP et des participants et experts, pour produire des idées

Pour mettre en œuvre la méthode KCP, l’on a besoin d’un groupe de pilotage, constitué :

  • du sponsor
  • d’acteurs de l’entreprise connaissant parfaitement l’entreprise et ses produits
  • d’un spécialiste de la théorie C-K et
  • d’une personne parfaitement à l’aise avec la facilitation et la gestion d’un grand groupe.

C’est ce groupe de pilotage qui travaille en coulisses et sur scène, lors de l’animation des ateliers de travail.

En effet, les ateliers réunissent différents participants :

  • des « permanents », salariés de tous les domaines de l’entreprise (marketing, R&D, vente, finances, …) ainsi que d’éventuels partenaires extérieurs
  • des experts « temporaires », disposant de compétences bien spécifiques et chargés d’apporter un éclairage pointu, tant sur les connaissances (spécialiste des matériaux, expert de la vente en ligne, …) que sur les concepts (marketing, philosophe, psychologue, sociologue, urbaniste, en fonction des sujets à traiter)

La méthode KCP est donc rigoureuse et doit être pilotée par une équipe à la fois bien formée à la théorie C-K et également très en phase avec les participants de l’entreprise. Un point particulièrement important pour cette équipe est de repérer les points de fixation et d’éviter aux participants qu’ils n’y restent bloqués.

En préalable à tout atelier KCP, la nécessité de définir le champ d’innovation

Le champ d’exploration, également appelé le champ d’innovation, constitue l’étape de préparation de tout atelier KCP.

Le champ d’innovation précise le périmètre à l’intérieur duquel on va travailler dans le cadre de l’exploration. Ce périmètre n’est pas strictement étanche, il a le mérite de fixer la zone dans laquelle les réflexions se porteront.

La détermination du champ d’exploration n’est pas aisée, du coup il est bien plus simple de fixer d’abord les 2 limites que l’on ne veut jamais atteindre. Puis de proche en proche, on réduit la distance entre ces 2 limites pour identifier le champ d’innovation souhaité.

  • Limite inférieure, qui fixerait un champ trop étroit, trop limitant. Exemple : un moyen de transport répondant aux nouvelles normes environnementales
  • Limite supérieure, qui fixerait un champ trop large, trop diffus, trop imprécis. Exemple : le moyen de transport du futur

Pour identifier le périmètre idéal du champ d’exploration, il est nécessaire d’organiser des sessions créatives, de laisser faire l’intuition et surtout de faire confiance à l’intelligence collective sont nécessaires, avec des outils de créativité.

Enfin, le choix des mots est important car la formulation du champ d’innovation doit être porteuse, ouverte, ambitieuse.

Par exemple, un champ d’innovation pourrait concerner « les stades destinés à des évènements sportifs partout dans le monde ».

Les billets suivants décrivent les 3 grandes étapes de la méthode KCP. Commencez la lecture avec l’étape du K, la collecte des connaissances.

Cet article, dédié à la gestion de projets innovants en mode Lean Startup, devrait vous intéresser.

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