Comment prolonger les effets d’un open lab en mettant en place une communauté d’innovation

Peinture

La mise en place d’un open lab, objet du billet précédent, au sein d’une entreprise a nécessité de sérieux efforts. Mais est-ce pour autant la destination finale ou plutôt un point de départ ?

C’est sur la base de l’exemple de la société Renault que ce billet explore comment prolonger un open lab en constituant une communauté d’innovation.

La raison d’être :

« On ne fait pas pousser un arbre en tirant sur les feuilles »

Il faut s’occuper des racines, du terreau… et semer de nouvelles graines. C’est donc tout l’enjeu d’une communauté d’innovation, nouvelle forme d’organisation qui favorise en effet l’innovation et régénérè de nouvelles capacités créatrices.

Pour information, ces billets consacrés aux open labs devraient vous intéresser.

La communauté d’innovation de Renault, bien plus qu’un brainstorming sur la voiture de demain !

Renault a mis en place sa communauté d’innovation il y a une dizaine d’années. Y participent des personnes d’horizons très différents (marketing, production, digital et également philosophe, sociologue, ….) et de tous niveaux hiérarchiques.

Cette communauté, d’une petite centaine de personnes, se rencontre régulièrement pour réfléchir, échanger des idées et des avis. Cela va jusqu’à formuler des concepts. Un concept se caractérise par le fait :

  1. que c’est une idée plus détaillée
  2. mais est beaucoup moins aboutie qu’un produit / service prêt à la vente.

Parce que cette communauté se réunit autour du thème de la mobilité (et non pas de l’automobile au sens strict), elle peut accueillir de personnes de chez Renault et également d’autres personnes éloignées du monde de l’automobile : la RATP, la SNCF, Total bien sûr et aussi des personnes de La Poste, Essilor, L’Oréal, et des indépendants (universitaires, chercheurs, artistes, doctorants …).

Le point commun de ces personnes, c’est bien sûr leur curiosité et leur facilité à gérer le doute, l’incertitude et le questionnement.

En réalité Renault ne possède pas la communauté, elle l’anime et la fait vivre. De ce fait, la marque doit accepter que des choses négatives soient dites à propos d’elle-même ou de ses produits.

Les principes de fonctionnement d’une telle communauté

Le point le plus important, c’est que la participation à cette communauté se fait bénévolement, par cooptation et essentiellement en fonction de sa personnalité (bienveillance, échanges et partage, coopératif, authenticité, désintéressement).

Un peu de formalisme, mais pas trop !

  • Des règles existent pour l’inclusion après une période d’essai d’un nouveau participant, l’exclusion et la sortie d’un membre … mais aucun contrat juridique.
  • Pas de propriété intellectuelle, on échange des idées et des points de vue (et non pas des produits)
  • L’échange au cœur des relations : je donne aujourd’hui car je sais que je recevrai plus tard
  • La confidentialité est l’affaire de chacun : chacun assume ce qu’il apporte et partage aux autres

Le rôle de l’animateur est de créer l’espace et les occasions de rencontre

Si la structuration est trop importante, alors on tue la spontanéité. Il convient donc de laisser une part très importante à l’émergence et à la co-organisation des évènements avec les participants, au fur et à mesure de leur déroulement.

L’animateur aide à créer des évènements de formats différents, comme la réunion plénière (3 fois par an) et des ateliers plus spécialisés, qui réunissent un nombre plus limité de participants :

  • Des apports décalés, provenant d’experts sur des sujets pointus (créativité, astrophysique, santé, …)
  • Des ateliers d’exploration, sur la base de méthodologies classiques de conception innovante (Design Thinking, C-K, Lego serious play, expérimentation)
  • Des projets, qui s’arrêtent lorsqu’ils deviennent trop opérationnels ou trop confidentiels … en fait, ils sont repris par les acteurs concernés, en dehors de la communauté et là, dans une logique upperground (contrat, partage des bénéfices, …)
  • Des sessions de feed-back, où la présentation courte et incisive d’un projet (mode TED Talks ou PechaKucha) donne lieu aux retours d’information de la part des participants (sur la base théorique du « co-développement »)
  • Des évènements, souvent en collaboration avec d’autres manifestations déjà prévues par d’autres acteurs (universités, associations, groupements, …)
  • Des séances de réflexion, sur des thèmes de société (l’économie collaborative, la solitude du dirigeant, le design d’expérience …) qui donnent lieu à la publication d’un magazine

L’expérience acquise par Renault montre que l’enchainement de 3 formats permet de traiter un thème de la façon la plus efficace :

  1. Des séances de réflexion, pour favoriser la divergence
  2. Une réunion plénière, pour livrer des premières informations, travailler ensemble des thématiques et aboutir à des premières pistes
  3. Des sessions de feed-back, pour enrichir les pistes précédente

Et vous, quel serait le thème de votre prochaine communauté d’innovation ?

Ce billet « FabLab : vous l’avez fabriqué vous-même ! » devrait également vous intéresser.

Le billet suivant développe le thème des communautés d’innovation.

Vous avez aimé ce billet ?
Partagez-le pour le promouvoir.
C'est immédiat avec les boutons ci-dessous.
Merci d'avance.