Méthodes de conception innovante, le best-of

Turin

Je suis sûr qu’en suivant ce blog, vous avez constaté la grande variété des méthodes de conception innovante. Elles sont toutes intéressantes et prétendent, toutes, être suffisantes pour réussir à lancer un produit / service avec succès.

Je vous propose ici un « best-of » qui utilise le meilleur de chacune d’entre elles, parmi le Design Thinking, Lean startup, C-K et ISMA360

Ce que je retiens de toutes ces approches, c’est qu’il faut distinguer 2 postures :

  • L’invention où il s’agit de comprendre ce que les utilisateurs ont besoin et de leur proposer un produit / service qui y réponde au mieux
  • L’innovation. Là, il s’agit de comprendre le marché, les acteurs du marché, ceux qui l’influencent. Pour proposer le produit / service à ceux qui semblent être les plus réceptifs.

Il faut donc concevoir 2 choses en même temps, le produit / service et le marché. Ce qui permet de bénéficier des apprentissages dans un des domaines pour l’utiliser dans l’autre.

J’ai modélisé le processus en 3 strates successives.

Best-of_conception-innovante

La 1ère strate concerne la caractérisation de la situation de départ

Ce point est très détaillé dans ISMA360 et pose les questions suivantes :

  • De quoi dispose le porteur de projet, notamment les moyens humains (personnalité, compétences, expérience, équipe, …), les moyens financiers disponibles et les moyens techniques (brevets, technologie) ?
  • Quels sont les éléments différents et distinctifs apportés par la nouveauté et qu’est-ce que ces caractéristiques permettent de résoudre comme problème ?

La méthode C-K peut à ce stade être également d’une grande aide :

  • En effet, K (Knowledge) fait référence au partage des connaissances connues par le porteur de projet. Ce qui illustre bien l’importance à accorder à l’état des lieux des moyens disponibles.
  • C (Concept) est destiné à produire des concepts innovants et donc augmente la portée de la nouveauté et de ce qu’elle peut apporter de nouveau.

Enfin, c’est également à cette étape que le périmètre de travail se définit progressivement

  • Avec C/K, il prend le nom de champ d’exploration ou champ d’innovation.
  • Avec ISMA360, il s’agit du domaine de l’innovation et englobe deux idées : l’espace de conception de l’innovation et le marché potentiel de l’idée.

La 2ème strate ouvre parallèlement sur 2 champs, celui de l’invention et celui de l’innovation.

  1. Concernant l’invention, il s’agit de comprendre les besoins des utilisateurs. Le Design Thinking attache beaucoup d’importance à cette posture, en focalisant à la fois sur les utilisateurs que sur leurs besoins. Il s’agit de l’approche « empathie », qui vise à se mettre à la place de l’utilisateur et de déceler ses besoins, explicites et latents.
  2. Vis-à-vis de l’innovation, ISMA360 propose de comprendre le marché, de lister les acteurs en place, les influenceurs ainsi que leurs relations. Faire ce travail permet de se confronter aux cibles à privilégier … c’est-à-dire décider à qui vendre. Vendre en direct au marché final, passer par un intermédiaire / distributeur ou conclure un accord avec un producteur ?

Enfin, la 3ème strate ouvre également sur les deux mêmes champs que précédemment.

1. Concernant l’invention, après avoir compris les besoins des utilisateurs, le Lean Start-up propose une réponse simple « go out of the building », à la fois pour tester la puissance des besoins et transformer les besoins en fonctionnalités à développer. Il s’agit de vérifier sur le terrain la réalité du pôle besoins – utilisateurs et l’existence de solutions existantes. Ceci d’opère par le biais d’entretiens qualitatifs auprès de quelques personnes, pour savoir si le besoin existe, s’il se traduit par la recherche de solutions … et si ces solutions sont satisfaisantes ?

Ce n’est qu’après ce travail qu’intervient le produit minimum viable (MVP, minimum viable product) : plutôt que de lancer une étape longue de développement, l’idée est d’atteindre le stade du par itérations successives. Ce qui est visé, ce n’est pas un produit complet, mais le strict minimum qui déclenche l’utilisation ou la vente du produit.

2. Vis-à-vis de l’innovation, il convient à ce stade de choisir les cibles à viser avec quels produits, notamment à l’aide du Business Model Canvas.

Après avoir repéré les utilisateurs potentiels et les acteurs potentiellement réfractaires, le porteur de projet dispose d’un bon aperçu des cibles à prospecter.

Il faut également s’assurer des conditions pour décider de l’opportunité de le faire, au niveau de la règlementation, de l’offre et du prix.

Il faut bien noter que vendre directement au marché final nécessite plus d’efforts que de le faire via un acteur plus en amont (dans la chaine de valeur), car il dispose déjà de ressources commerciales.

Ces 5 étapes sont en réalité itératives et se nourissent mutuellement. D’où l’approche que je propose, par strate, qui permet de traiter en parallèle la conception du produit et celle du marché.

Si ce billet vous a intéressé, je vous conseille d’aller plus loin avec des billets sur ces méthodes :

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