2 approches pour gérer efficacement un projet d’exploration

Si les méthodes classiques de gestion de projet (voir article précédent) brident les projets d’exploration, d’autres approches existent.

Ces méthodes, développées pendant la 2ème guerre mondiale, ont peu à peu été oubliées.

Elles sont cependant extrêmement efficaces pour les projets d’innovation.

Zoom sur la stratégie des approches parallèles

Il s’agit d’étudier plusieurs solutions en même temps alors qu’une seule suffirait.

Intérêts :

  1. On va vite. Si le délai est un paramètre clé, alors les approches parallèles sont à privilégier
  2. On diffère le choix. On n’a pas à choisir une approche a priori, on choisit sur la base de l’expérimentation, après avoir mené des expériences, obtenu des résultats. Le socle des connaissances est donc bien supérieur à ce que l’on avait initialement, d’où une prise de décisions bien plus éclairée
  3. On se protège des zones inconnues, en disposant de plusieurs solutions de repli, si l’une d’entre elles se révèle infructueuse
  4. Stimulation des approches, par leur mise en compétition
  5. Développement de compétences, sur le domaine de chacune des approches

Utilisations possibles :

  • Au début du projet, puisque l’on est à ce stade en pleine incertitude. Tester rapidement plusieurs pistes diverses permet d’augmenter le spectre des connaissances
  • Plus tard, lorsque l’on est en phase de développement et que l’on veut tester quelques « composants » critiques acquérir davantage de certitudes quant à leur fiabilité

Combien d’approches en parallèle ?

  • Cela dépend essentiellement des ressources et de la capacité à gérer plusieurs projets en parallèle
  • Empiriquement, au-delà de 3-4 approches, on se rend compte que le gain marginal est très faible. 2-3 approches en parallèle semblent l’idéal.
  • Choix des approches : Obligatoirement sur une base multi-critères : plusieurs personnes, de profils variés, y compris clients

Zoom sur la stratégie des approches séquentielles

Il s’agit d’étudier une solution, puis en fonction des résultats obtenus, soit de continuer ou d’essayer une autre solution (« pivoter », dans le langage Lean Startup).

L’intérêt, c’est cela mobilise peu de ressources en même temps.

Par contre, cela est plus long à mettre en œuvre que la stratégie des approches parallèles

Pour aller encore plus loin et construire la performance du projet

La stratégie des approches parallèles donne généralement les meilleurs résultats en situation d’exploration. Dans ces conditions, la question est de savoir comment l’entreprise, même avec un budget réduit, s’organise pour explorer plusieurs pistes.

  • Est-telle tentée d’explorer plusieurs pistes en parallèle ou au contraire, choisit-elle trop tôt une seule solution ?
  • Comment répartit-elle le budget disponible ? Va-t-elle le répartir sur la conception générale de plusieurs scénarios pu au contraire, va-t-elle choisir de le focaliser sur la conception détaillée d’une solution retenue ?

Combiner les approches parallèles. Normalement, les approches parallèles étudient des solutions disjointes. Mais en fait, il est tout à fait possible d’exploiter ce qui a été appris sur une approche et d’en faire bénéficier une autre (solutions additives)

Mettre en place des équipes de petite taille, autonomes et dédiées à temps plein … sans hiérarchie. Leur mettre à disposition tout ce dont elles ont besoin expérimenter rapidement, d’où l’importance du making (fablab, prototypage rapide, tests, …).

Ainsi, d’autres méthodes bien plus adaptées à l’innovation d’exploration existent. Les utilisez-vous ?

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